Dans le cadre de la réforme
de l’Organisation Commune du Marché (OCM) du Vin
et à l’initiative de l’Association pour la
Promotion de l’Alsace à Bruxelles, une vingtaine
de viticulteurs alsaciens ont pu participer à une réunion
de l’intergroupe Viticulture-Tradition-Qualité
du Parlement européen le 24 octobre dernier à
Strasbourg.
C’était la dernière occasion de se faire
entendre avant que le Parlement n’adopte son rapport d’amendements
sur le projet de Règlement de l'OCM. Vu la durée
relativement courte de la réunion, tous les participants
n'ont malheureusement pas eu le temps d’exprimer toutes
leurs idées ou opinions. Mais ils auront pu toucher du
doigt la réalité du processus décisionnel
communautaire, qui n’est pas simple : 1200 propositions
d’amendements avec obligation d’arriver à
un consensus, dans les délais, ce qui explique que pour
certains parlementaires la priorité était plutôt
sur le respect du planning que sur le fond d’où
parfois un décalage.
Rémy Bossert, organisateur de l’évènement,
a rappelé que le projet de l’OCM était trop
orienté pour des vins de « volume » ou des
vins-boisson alors que le salut de la viticulture européenne,
noyée dans ses excédents, passe par les vins de
Terroir, car le Terroir est notre patrimoine, qu’on ne
peut ni copier ni délocaliser dans le « nouveau
monde ». Il a aussi rajouté que l’amélioration
de la qualité et surtout le respect de l’environnement
étaient absents du projet (copie de la présentation
ci-joint).
Une belle brochette de viticulteurs et responsables, qui bien
que ne se revendiquant pas tous de la même mouvance (il
y avait des bios, biodynamiciens, négociants, coopérateurs,),
ont parlé d’une seule voix pour défendre
les vins de qualité et de Terroir. Olivier Humbrecht,
président du Syndicat International des Vignerons en
Culture Biodynamique, a rappelé la dérive des
pratiques oenologiques, la course au productivisme, la chute
qualitative des AOC et a insisté sur la nécessité
d’une éthique de production et le respect de l’environnement
comme gage d’une vraie expression du Terroir.
Et pour le prouver, une dégustation offerte par les
domaines Zind-Humbrecht, Ostertag et Josmeyer a cloturé
les débats en donnant la plus éclatante des démonstrations
de diversité et de profondeur d’un Riesling sur
des grands crus Rangen, Hengst et Muenchberg. Rémy Bossert
a rappelé que si le projet de Réforme ne laissait
pas une place pour le Terroir, ces vins allaient tout simplement
disparaitre et leurs vignerons aussi.
Astrid Lulling, député européen et présidente
de l’intergroupe a conclu, un verre de Riesling grand
cru à la main : « Message reçu, vous pouvez
compter sur nous ». Puisse l’avenir lui donner raison.
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