Un soir de Saint Nicolas pas comme les autres à l’église Saint Nicolas de Bruxelles…

« Vous attendez tous Saint-Ni colas. Il ne devrait pas trop tarder, mais il a un peu de retard. Cette après-midi encore il était en Alsace où il a reçu avec la complicité de l’APA, l’association des Alsaciens de Belgique, des Mannelés et du crémant pour les petits et les grands enfants Bruxellois.

Alors pour lui laisser le temps d’arriver, je vais vous raconter la Saint-Nicolas alsacienne.

Depuis le Moyen-Age, le saint évêque de Myre est extrêmement populaire dans une grande partie de l’Europe, et c’est le cas en Belgique, en Lorraine dont il est le patron, en Alsace et dans tous les pays allemands. Le 6 décembre tombant au début de l’avent, il s’inscrit dans le cheminement vers Noël et un premier marché de Saint-Nicolas, ancêtre du marché de Noël, s’installe ainsi dès le Moyen-Age au pied de la cathédrale. Au 16ème siècle, l’Alsace devient l’un des foyers de l’humanisme rhénan, puis de la réforme luthérienne, que la ville de Strasbourg adopte en 1525. Sous l’influence luthérienne, le marché de Saint-Nicolas est rebaptisé marché de l’enfant jésus, Christkindelmärik, nom qu’il porte toujours aujourd’hui, et Saint-Nicolas connait la concurrence du Christkindel qui va progressivement apporter les cadeaux aux enfants à Noël. Dans certaines localités, on organisera aussi la venue de l’enfant Jésus, sous les traits d’une jeune fille vêtue de blanc et portant sur la tête une couronne tressée surmontée de quatre bougies, symbolisant la venue de la lumière.

Mais Saint-Nicolas réussira étrangement à résister à cette concurrence et continuera à venir combler les enfants sages de friandises. En Alsace, pas de Zwarte Piet, en revanche. Le seul Pierre Noir que connaissent les Alsaciens est le Schwartz Peter, c’est-à-dire le valet de pique dans un jeu de cartes qui se jouait traditionnellement en famille. Mais à la place du Zwarte Piet, Saint-Nicolas a pour vilain compagnon le Hans Trapp, figure qui fait référence à un personnage historique, le chevalier brigand Hans von Trotha qui au 15ème siècle écuma le nord de l’Alsace et le sud du Palatinat, laissant un très mauvais souvenir dans la mémoire collective. Ce Hans Trapp devint ainsi le méchant personnage dont les parents pouvaient menacer les enfants pas sages, même si nous savons tous qu’à la fin ils sont toujours sauvés par le bon Saint-Nicolas qui leur apportait en Alsace des friandises et des pains d’épices. Mais traditionnellement, il était aussi d’usage à partir du 19ème siècle d’offrir un goûter aux enfants le 6 décembre avec du chocolat chaud et des Mannelés – traduisez en Bruxellois des Manneke – c’est-à-dire des petit bonhommes en brioche.

Ce soir, c’est un mélange des deux que Saint-Nicolas va distribuer aux enfants, un Mannelé en pain d’épices, avec un petit kit de la Maison Fortwenger qui leur permettra avec leur maman ou leur mamy de le décorer.

Mais je ne vois toujours pas Saint-Nicolas. Et si on l’appelait tous ensemble…. Nicolas! Nicolas! »

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